"PARADISE IS NOT LOST"

RESISTE !

Pour nos restaurants de plage !

Les nuages s’amoncellent sur les toits de nos restaurants de plage, peut-être obligés de démonter entièrement leurs installations à l’automne. Cette demande de l’Etat, qui impose par ailleurs à ces établissements des normes d’hygiène, d’accessibilité, de sécurité incendie, est d’une noire hypocrisie. Non, on le sait, ces établissements, qui doivent en outre se défendre contre les éléments naturels et les « incivilités », ne sont pas démontables. Et les meilleurs d’entre eux ne sont pas suffisamment rentables pour renoncer à toute activité l’hiver et amortir les frais de démontage, stockage et remontage d’installations par essence lourdes.

Il faudrait pourtant appliquer une réglementation qui a été un jour rédigée dans un bureau du septième arrondissement de Paris par un haut fonctionnaire qui n’a vraisemblablement jamais mis les pieds dans la cuisine d’un bistro. Un haut fonctionnaire très compétent qui raisonne national (quand ce n’est pas européen) et fut chargé de traduire une doctrine plus ou moins dogmatique rédigée par un autre haut fonctionnaire, lui-même peut-être ancien collaborateur du Préfet Bonnet et devenu membre d’un cabinet ministériel. Et peut-être qu’en rédigeant son texte, il rêvassait à la randonnée qu’il allait faire le week-end suivant dans les Alpes, par ce qu’il ne jure que par la montagne et les pique-nique hors sac. Peut-être même qu’aucun de ces hauts fonctionnaires n’a jamais mis les pieds à La Baule. Et ce texte a fait la navette de chaque côté de la Seine, dans la sacoche d’un motard, entre hémicycle et conseil des ministres, jusqu’à ce qu’il soit promulgué.

Dans ce débat, on lit dans la presse les points de vue des restaurateurs, révoltés ou effondrés (la pluspart savent que l’application de cette réforme signerait leur arrêt de mort). Et on lit le point de vue de l’administration ou des élus locaux chargés de faire respecter cette Loi, avec un grand L, concoctée comme on l’a vu plus haut, se refusant sans état d’âme à apprécier sa légitimité, appliquée au cas précis qui nous intéresse, c’est-à-dire à la baie de La Baule, ou à tirer les conséquences d’un manque de légitimité. 

Mais le point de vue de l’usager, est-ce qu’on en parle ? De ce client bien content de pouvoir, été comme hiver, s’assoir confortablement, commander un verre, taper le carton, lire son journal, draguer, consulter ses mails, écrire, se restaurer, bien souvent se régaler, à l’abri du vent, de la pluie et du soleil ardent, servi par des gens gentils et compétents qui gagnent simplement leur vie… En un mot, VIVRE en dégustant La Baule offerte en panoramique. A-t-on pensé un instant qu’à vouloir tout démonter l’hiver ou interdire l’activité (Pourquoi ? Au nom de quel principe ?), ce client va se retrouver debout sous la pluie et privé de chocolat chaud ? Et l’été revenu, il sera toujours debout comme un abruti par ce que son bistrotier sera, entre temps, mort économiquement. Alors, on va m’opposer que ces établissements de plage occupent beaucoup trop d’espace public et que leur présence inamovible est un scandale. Sincèrement, j’ai toujours trouvé de la place pour étaler ma serviette. Et cette occupation de l’espace public n’est pas faite pour un usage privé et exclusif mais pour des citoyens qui ont bien le droit, eux aussi, d’être sur la plage en y trouvant les services qu’ils souhaitent. La Baule est une version très urbaine du littoral. Les adeptes du total sauvage, ce que je suis à mes heures, gagnent à aller crapahuter au Croisic ou à Penbron.
Donc je ne vois pas où est le problème si ce n’est dans l’illustration de cette manie contemporaine et totalitaire de vouloir le bonheur du peuple malgré lui en réglementant à tous crins. Et peut-être (mais je vois le mal partout) dans un souci égalitariste propre à calmer les jalousies les plus mesquines.

Que va faire le maire, Yves Métaireau ? Je suis sûr qu’il est tout à fait à même de comprendre et d’approuver ce point de vue. Il a d’ailleurs œuvré pour tenter d’infléchir cette réglementation. Mais je crains qu’il ne s’apprête à céder au sous-préfet par ce que c’est un légaliste dans un Etat heureusement de droit. Et que c’est son job de faire respecter la loi. Et qu’en plus de céder, il concédera la gestion de la plage à une société privée dont l’intervention gonflera les coûts, nous privera des excellents restaurateurs en place et amènera la qualité de l’offre sur la plage au niveau de celle d’une autoroute. Pourtant en France, en 2014, pour se faire entendre de gouvernants autistes, on l’a bien vu, il faut hélas taper du poing sur la table, enfiler un bonnet rouge et bloquer une autoroute ou deux… 
Yves Métaireau, Président de Cap Atlantique et de l’association des Maires de Loire-Atlantique, est une personnalité dont la voix compte. Il a laissé entendre qu’il effectue son dernier mandat. C’est, d’une certaine façon, un homme libre. Si, dans son for intérieur, il s’avoue que cette loi est injuste, excessive et inadaptée, pourquoi ferait-il du zèle pour la faire appliquer ? Et le sous-préfet peut-il agir sans son concours ?
Labaule.com est prête à offrir au maire un bonnet rouge agrémenté de son logo et le disque où France Gall piaule RESISTE !
Chiche ? Ça aurait de la gueule !

 

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(1) Commentaire
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CPARTI !!! dit :
Il y a des pétitions dans les établissements de plage
16 août 2014 à 16h15
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