LIVRES|"CULTURE"

La Grande Séparation pour une écologie des civilisations

Demandez-vous encore à ceux que vous rencontrez: "d'où venez-vous" ?

Dîtes-vous encore « nous » lorsque vous parlez de votre village ( nous asséracais), de votre quartier (nous montmartrois), de votre ville (nous nantais), de votre département (nous savoyards), de votre région (nous auvergnats) ?

1) Oui mais vous en avez un peu honte en ces temps de mondialisation, de sans frontiérisme, et de déracinement organisé ? Réjouissez-vous et relevez la tête ! Vous n'êtes pas seul.
2) Non, vous luttez contre la bête immonde et toute appartenance est une prison ? Méditez donc :
« Comment peut-on être Papou, ou Breton ? Mais aussi, comment ne pas l'être ? Il faut être de Guémené, de Bretagne ou de France pour être au monde. »

Qui que vous soyez, quelque soit vos idées et opinions, le livre d'Hervé Juvin ne vous laissera pas indifférent. La Grande Séparation a été publié en octobre 2013 chez Gallimard et il vous faut le lire. De quoi s'agit-il, en quelques mots: de la défense et de la sauvegarde de la diversité humaine, de l'Homme de quelque part contre la barbarie de la globalisation, avènement de l'Homme Nouveau, de l'Homme Nomade. Il est question de l'individu, cet « homme séparé des origines et de l'histoire, de la terre et de toute limite », cet être libéralo-compatible qui n'a plus que son intérêt comme but et qui pense avec Jacques Attali qu'un « pays, c'est un hôtel.
Déracinement, indifférenciation, avènement du Même, haine de l'Autre...L'Homme nouveau a l'Hybris au cœur et Prométhée comme idole.


Les matins - Faut –il redécouvrir le vrai sens... par franceculture

Juvin nous met en garde contre la violence du droit dans un chapitre flamboyant :
« Nous vivons dans une société du droit, bien davantage que celle du marché qui en procède et qui y renvoie sans cesse ».Du droit découle la violence la plus grande jamais commise au nom de l'Humanité (quel paradoxe!) : le mondialisme et le sans frontiérisme. L'auteur nous propose donc un retour aux limites, à la séparation. Moins d'échanges moins de métissage, moins de métissage plus de diversité, plus de diversité plus d'Humanité.

Les limites, les frontières sont à redécouvrir. Il faut les défendre contre la folie, la démesure et le caractère post-humain de ces Homo Œconomicus. Post-humain oui car étant de nulle part ils ne sont pas du Monde. Les français, les allemands, les algériens et tous les autres peuples, toutes les autres nations, sont du Monde puisque leur pays fait partie intégrante de celui-ci. Les frontières, les limites donc, nous séparent pour mieux nous réunir. Mais quand plus rien ne vous définit, ni sexe, ni origine, ni Histoire, quand vous ne dites plus « je viens de... », quand votre seule ambition est de trouver, tel un Bernard l'Hermite, un pays qui corresponde à vos attentes comme vous choisiriez un hôtel alors vous sortez de l'Humanité. La limite c'est ce qui fait l'Homme.

« Notre tâche historique est considérable ; nous devons faire renaître la diversité collective ! Redécouvrir que l'histoire, l'origine, la race, la langue, la foi, la culture ont un sens – et que ce sens n'est pas celui des hiérarchies, des stades de développement et des barreaux successifs sur l'échelle du progrès. » 

La grande séparation - Pour une écologie des civilisations, le débat/Gallimard, 388 pages, 22,50€

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