HISTOIRE|"PARADISE IS NOT LOST"

LA BAULE ?

La Bôle, d'la Bombe !

La Baule, c’est une grosse madeleine dont vous croquez des petits morceaux un à un en laissant les impressions vous envahir. 
Pour apprécier La Baule, mieux vaut avoir soi-même construit, un jour et quelque part, des châteaux de sable en matant sournoisement les rondeurs de la nounou (enfin en maillot de bain !) pour les petits garçons, ou construit des châteaux de sable, en ourdissant des stratagèmes fumeux pour que le Prince Charmant se déclare enfin à sa Princesse (mais pourquoi est-il toujours fourré avec la nounou, celui-là ?), pour les petites filles…
La Baule, c’est du sable fin, le plus souvent orienté plein sud. Et comme on est en Bretagne, lorsque vous nagez, l’eau a un bon goût d’iode et de sel, presque un goût d’huître. Elle n’est pas toujours chaude, chaude ; mais c’est tonique ! Et le soleil qui vous grille la peau en sortant n’en est que meilleur. Allongez-vous : la plage est immense et il y a toujours de la place, même le 15 août. Surtout, ne prenez pas le livre que vous avez apporté. Fermez les yeux et écoutez : le léger bruit des vagues, les cris d’enfants, des appels étouffés par le vent, des bribes de conversation, un hauban qui claque ou une mouette très contente… Lâchez prise : le portable est resté sur la table de chevet… plus rien ne peut vous atteindre. Savourez ce délicieux moment de petits riens. Entrouvrez un œil et observez le sel se cristalliser sur une peau au bronzage breton, un bronzage profond, bien mat, qui durera… Sans y goûter, vous savez que cette peau dorée et salée sent divinement bon.
Après quelques langoustines dans une paillote, la mauvaise conscience pourrait vous souffler qu’il serait bon de s’agiter un peu pour faire passer le Menetou et la mayonnaise. Le problème, c’est l’embarras du choix. Tout ce qui glisse sur l’eau est devant vous. En vous concentrant, vous entendriez presque les smashs sur les courts du Garden ou du Country, pas très loin de la plage. Dans votre béatitude, vous avez observé une cavalcade au galop à la lisière de l’eau. L’envie vous prend de les suivre en courant. Mais vos clubs s’impatientent dans le coffre de l’auto et vous vous rappelez que votre pote Frédéric vous a proposé un volley et le beau-père une pétanque. Prenez garde : vous sentez venir le burnout.
Incapable de choisir, lâchez les tous et optez pour un petit plaisir très égoïste dans une jolie boutique dont la vendeuse a les yeux verts et le hâle breton. Ça fera juste le lien avec l’apéro dans le jardin des voisins.
Bar grillé et beurre blanc, les pieds nus et sableux caressant le teck de la terrasse, en surveillant le soleil qui se noie. La fraicheur du soir vous pique la peau. Vous enfilez un pull, prêt à aller taquiner le mojito sur une zique latinos. Le premier jour des vacances est déjà passé. Vous êtes dans une forme d’enfer. Vous aimez le monde entier.
La Baule, plage él’rotique ?

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