"POLITIKASS"

GUEULE DE BOIS

Une semaine après les européennes, les français ont la gueule de bois.

Une semaine après les européennes, les français ont la gueule de bois. Quel qu’ait été leur vote. 

Les européanistes (encore très majoritaires) déplorent la perte d’influence de la France au sein du Parlement Européen.  Et ils ne peuvent s’empêcher de constater que leur bel enthousiasme n’est pas partagé de tous, même si le Front National n’a jamais écrit qu’il voulait quitter l’Union.

Les eurosceptiques n’ont plus que Cameron (David, pas Diaz) pour espoir relativement proche. Un NON du peuple britannique au maintien dans l’Europe, exprimé lors du référendum qu’il a mollement proposé de tenir d’ici 2017, entraînerait très vraisemblablement la chute de la maison selon la théorie des dominos. Mais la loi autorisant ce référendum a fort peu de chance d’être votée.

Les vrais démocrates se posent la question de la légitimité, pour une formation devenue très minoritaire et divisée en son sein, à conserver tous les leviers du pouvoir pour trois ans encore. La nostalgie les submerge quand ils évoquent le panache d’un de Gaulle démissionnant au lendemain d’un désaveu. Et, sans appeler à la démission du Chef de l’Etat, se prennent à rêver d’une dissolution qui exprimerait une élégance démocratique puérile et honnête. 

Les faux démocrates (un député socialiste, pas content du tout, appelait à une réforme du mode de scrutin le soir du 25 avril au micro de RMC !) sentent bien que tout leur échappe et commence à partir en sucette. La possibilité d’une vraie révolte (dont les Bonnets Rouges et les différents mouvements de fronde fiscale sont les prémisses) n’est plus à écarter.

Les antidémocrates prosélytes sont heureusement inaudibles. Mais crier dans le vide, ça doit finir par faire mal à la tête, même si le désaveu généralisé de la classe politique grossit vraisemblablement  leurs rangs. 

Les électeurs qui ont choisi le Front National ne sont pas tous, loin s’en faut, des militants. On disait hier que c’étaient juste des électeurs UMP cambriolés trois fois. Beaucoup d’entre eux doivent avoir des sentiments partagés après s’être résolus à soutenir une formation qui n’est pas encore un parti de gouvernement et sur laquelle plane quelques nuages soufrés que sa Présidente peine à dissiper. Ils ressentent l’amertume d’avoir été trahis par leur parti naturel qui s’est en outre révélé, au lendemain de cette consultation, pourri jusqu’à la moelle.

Les militants du Front National seraient les seuls à pouvoir laisser éclater leur joie. Mais lorsqu’ils le font, ils suscitent la haine. Car force est de le constater : la haine est d’abord dirigée vers eux.

Nous sommes donc tous plus ou moins groggys. Comment nous redonner la niaque ?
En dehors d’une dissolution, je n’entrevois qu’une thérapie à court terme : un week-end à La Baule en Côte d'Amour !


 


 

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